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Paléomission : à la recherche du paresseux préhistorique – conclusion

CONCLUSION

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QUE NOUS APPRENNENT CES OSSEMENTS?

Une tentative de datation au radiocarbone, qui aurait permis de déterminer l’âge des ossements, a malheureusement échoué car le collagène, substance utilisée dans le processus de datation, était trop endommagé par l’environnement sous-marin. Par conséquent, nous ne connaîtrons jamais l’âge exact de ces ossements, mais selon d’autres restes de paresseux découverts à Cuba et soumis au processus de datation au radiocarbone, nous croyons que ces individus auraient vécu entre 10 000 ans et 4000 ans avant notre ère.

Notez la différence dans la couleur des os du Megalocnus et du Neocnus. L’aspect crayeux blanchâtre et la texture des os du Megalocnus, ainsi que leur position dispersée dans la grotte, indiquent qu’ils auraient été déplacés dans la grotte et exposés à l’air durant une longue période avant d’être submergés. Nous croyons que cela s’explique par un changement de l’environnement à l’intérieur de la grotte ou par une perturbation humaine d’une partie du site, mais nous devrons effectuer plus d’analyses pour confirmer cette hypothèse.

Matthew Peros, directeur de projet, dans son laboratoire de l’Université Bishop’s, où plusieurs analyses scientifiques sont réalisées. (Photo reproduite avec permission).

Les ossements que nous étudions ici sont en fait des « subfossiles », et non des « fossiles ». Un fossile a subi un processus complet de minéralisation (la « fossilisation ») – mais les ossements retrouvés dans cette grotte n’ont pas subi ce processus. Toutefois, certains paléontologues croient que les ossements d’espèces disparues devraient aussi s’appeler « fossiles » sans égard à ce processus de minéralisation.

 

DES SÉDIMENTS QUI EN DISENT LONG!

Des carottes de sédiments prélevées sur le site contiennent des graines provenant d’arbres fruitiers tropicaux (surtout Ficus et Cecropia). Ces graines y ont probablement été déposées par des chauves-souris et des oiseaux frugivores et indiquent que ce type d’arbre se trouvaient non loin de la grotte il y a de cela plusieurs milliers d’années. Fait intéressant, les paresseux à deux doigts et les paresseux à trois doigts se nourrissent des feuilles de ces arbres aujourd’hui. Nous ne savons pas si elles faisaient partie de l’alimentation du Neocnus et du Megalocnus, mais la présence de ces graines dans les sédiments de la grotte proposent un lien intriguant entre les paresseux d’aujourd’hui et leurs cousins disparus.

Images à fort grossissement de graines de Cecropia provenant des carottes de sédiments.

 

Images à fort grossissement de graines de Ficus provenant des carottes de sédiments.

Des animaux comme le paresseux à trois doigts Bradypus varietgatus passent une grande partie de leur vie
dans les arbres Cecropia et se nourrissent de leurs feuilles.

Bradypus varietgatus

 

Cecropia

 

QU’EST-CE QUE LA PALÉOCLIMATOLOGIE?

Les analyses géochimiques des stalactites et des stalagmites (qui apparaissent sur les plafonds et au sol des grottes, respectivement) révèlent des données sur les niveaux de précipitations, sur les périodes de sécheresse et sur la présence d’ouragans à des époques lointaines. La stalagmite en démonstration dans cette exposition provient d’une autre grotte à l’ouest de Cuba, et sa base remonte à 100 000 ans. Les stries foncées représentent des périodes d’arrêt de croissance de la stalagmite, possiblement en raison de sécheresse extrême. Quel impact ces sécheresses pourraient-elles avoir eu sur les populations de paresseux et d’humains préhistoriques?

Stalactites (dessus) et stalagmites (dessous) dans Cueva Margarita 1. Ces éléments se sont formés avant l’inondation de la grotte grâce aux gouttelettes d’eau formées sur le plafond. La composition chimique des stalactites et des stalagmites reflète en partie celle de l’eau de pluie locale, ce qui permet aux paléoclimatologues d’étudier les précipitations préhistoriques.

La plus grosse stalagmite au monde se trouve à Cuba, à Cueva Martín Infierno, et elle fait 66 mètres de hauteur!

 

LES PROCHAINES ÉTAPES

Nos recherches sur le terrain se poursuivent. Nous n’avons pas encore les réponses à toutes nos questions – pour cela, il faut encore plusieurs années de travail!

Le mystère du lien entre les anciennes disparitions d’espèces et les changements climatiques perdure; le projet en cours à Cueva Margarita 1 est donc toujours pertinent. En projetant notre regard vers le passé, nous pourrons peut-être mieux comprendre le destin qui attend les espèces menacées par l’activité humaine et par les changements climatiques dans les petits états insulaires.

Enfin, ce projet pourrait servir de modèle de collaboration internationale et interdisciplinaire. Nous espérons que d’autres s’en inspireront dans leur quête de mieux comprendre et protéger le monde naturel.

(De gauche à droite): Elián López Cabrera, Arsel Rodríguez Ramos, Patricia Gámez O’Connor, Kenny Broad, Edey Bermúdez, Jill Heinerth, Miguel Angel Pereira Sosa, Bil Phillips, Joao Gabriel Martínez López, Matthew Peros.

 

 

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